Nouveau DPE, la valse des étiquettes énergétiques

Nouveau DPE, la valse des étiquettes énergétiques
février 17 19:05 2021 Imprimer cet article

Les classes énergétiques bougent avec le nouveau DPE toujours annoncé pour le 1er juillet 2021 (on le rappelle). Après les discussions de décembre, le ministère a tranché et dévoilé les nouvelles classes énergétiques. Le nouveau mode de calcul ne sera pas sans impact, 800 000 logements aujourd’hui classés E deviendront demain des passoires énergétiques, et à l’inverse, autant de logements classés F gagneront une classe supplémentaire, échappant ainsi à la batterie de mesures promises d’ici à 2028.

Avec deux usages supplémentaires, une méthode 3CL revue et corrigée, mais aussi la prise en compte des émissions de GES dans la future étiquette, forcément, les résultats du nouveau DPE risquent de différer avec ceux de l’ancien. Pas question cependant de toucher aux familles de classes (ABC, DE, FG), le gouvernement voulait éviter à tout prix de voir une classe énergétique exploser, ou au contraire réduite à sa portion congrue.

Lundi, en conférence de presse, les ministres Emmanuelle Wargon et Barbara Pompili ont donc dévoilé le DPE version 2021 et ses nouvelles classes énergétiques. Les bornes bougent, les classes A, B et C sont élargies, la limite de 330 kWh/m².an (inscrite dans la loi “Énergie et Climat” de 2019, comme objectif à horizon 2028) est maintenue pour les passoires énergétiques, mais en revanche la classe G est revue à la baisse (sa limite passe de 450 kWh/m².an à 420 kWh/m².an). Le tout toujours exprimé en énergie primaire, puisque c’est le scénario qui l’a finalement emporté.

Chaises musicales

Concrètement, l’impact promet d’être lourd sur le terrain. Le ministère s’est livré à différentes projections. Pas de changement pour ces “passoires énergétiques” ciblées par les différents dispositifs de rénovation d’ici à 2028, elles restent au nombre de 4,8 millions de logements en France. Mais il ne s’agira pas forcément des mêmes. Explications du ministère : “environ 800 000 logements jusque-là classés E deviendront des passoires énergétiques tandis qu’en sens inverse, environ 800 000 logements actuellement classés F rejoindront la classe E”.

Qui sont les gagnants et perdants? “Les logements qui entrent dans la catégorie des passoires énergétiques avec la refonte du DPE sont principalement des logements aujourd’hui chauffés au fioul (environ 600 000) et dans une moindre mesure des logements chauffés au gaz (environ 200 000). En sens inverse, environ 600 000 logements chauffés à l’électricité et 200 000 logements chauffés au bois ne seront plus considérés comme des passoires énergétiques.” Pour motiver ce changement, le gouvernement évoque des politiques publiques “plus cohérentes avec les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre”.

Saut de classe

Les autres classes énergétiques ne sont pas épargnées, même si, forcément, les conséquences ne seront pas du tout les mêmes pour un logement basculant de C à D ou inversement. Le ministère livre l’exemple de la classe C: “parmi les logements que le diagnostic actuel classe au niveau C, 60% resteront classés C avec le nouveau DPE et 40% seront reclassés B ou D”. De quoi susciter sans doute l’incompréhension chez certains propriétaires. Mais le ministère l’assure, “les changements de classes énergétiques entre ancien et nouveau DPE seront, sauf cas exceptionnel, limités à une classe au plus”.

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