Passoires énergétiques: la moitié des bailleurs concernés ne songe pas à réaliser des travaux

Passoires énergétiques: la moitié des bailleurs concernés ne songe pas à réaliser des travaux
avril 16 15:30 2021 Imprimer cet article

Entre la réglementation et la réalité, il risque d’y avoir un sacré fossé. Car l’interdiction des passoires énergétiques (E, F ou G) ne passe décidément pas chez les bailleurs.  Selon un sondage réalisé par l’Unpi (Union nationale des propriétaires immobiliers), la moitié des propriétaires pourtant concernés n’a pas l’intention de réaliser des travaux.

La preuve par les chiffres. L’Unpi s’est livrée à un petit sondage auprès de 4000 bailleurs. Selon les chiffres dévoilés par Le Figaro: 13% des propriétaires interrogés envisagent de vendre plutôt que de rénover, 16% disent leur intention de conserver leur bien sans le rénover, 41% des propriétaires estiment que leur bien n’est pas une passoire énergétique et qu’ils ne sont donc pas concernés, et enfin, 30% (seulement) envisagent de réaliser des travaux. Dit autrement, sur les propriétaires qui se sentent concernés par l’obligation, la moitié n’a pas l’intention de réaliser des travaux.

On est loin, très loin, du compte quand on songe que le calendrier adopté cette semaine par les députés prévoit l’interdiction de location pour les logements classés G en 2025, pour l’étiquette F en 2028, et pour l’étiquette E en 2034. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ajout de la classe E ne passe pas auprès de l’Unpi qui juge cet “objectif inatteignable en 2034, en l’état”. “Interdire la location de logements E, représentant à eux seuls un quart du parc de logements actuellement loués, dans un horizon irréaliste, revient à mettre en péril les conditions de logement à moyen-terme de près de 5 millions de Français.”

3,6 millions de logements à rénover dans le privé

“En pratique, avec cette nouvelle contrainte, E, F, G, nous allons avoir 12 ans, pour rénover près de la moitié du parc locatif privé en France : les logements E, F et G représentent 3,6 millions de logements, sur les 7,3 que compte le parc privé locatif français”, alerte l’Unpi. Si l’échéance 2034 semble trop étriquée pour les logements E, en revanche l’échéance de 2028 “n’est pas inatteignable, sous réserve que les dispositifs d’accompagnement suivent”.

Dans son communiqué diffusé en début de semaine, l’Unpi relève en effet un sérieux décalage entre les aides à la rénovation aujourd’hui déployées pour les bailleurs, et les obligations qui leur sont imposées. En particulier pour les copropriétés où se trouvent la plupart des logements aujourd’hui ciblés par une interdiction de location.

” Près des trois quarts des G du parc locatif privé sont situés en appartements, donc vraisemblablement en copropriété. 70% des logements classés E sont situés en appartements. Il n’est pas nécessaire de rappeler la temporalité des travaux en copropriété et il faut mettre en garde sur la capacité à avoir rénové tous les logements G, d’ici 2025, soit dans trois ans. A cet égard, rappelons que l’un des instruments de la rénovation des copropriétés, c’est le Plan pluriannuel de travaux, dont les modalités d’entrée en vigueur s’étalent de 2023 à 2025.”

 

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