« Donner de la valeur ajoutée aux repérages grâce au BIM »

décembre 10 16:07 2019 Imprimer cet article

Julien Nidrecourt, directeur technique du groupe AC Environnement.

AC Environnement mise sur le BIM. Le diagnostiqueur a un rôle essentiel à jouer dans la promotion et la démocratisation de cette maquette numérique. Rencontre avec Julien Nidrecourt, directeur technique du groupe.

« Le diagnostiqueur semble aujourd’hui tout désigné pour digitaliser le bâti. Parce qu’il collecte déjà un tas de données sur le bâtiment, l’opérateur a toute légitimité pour organiser cette donnée. On va bien au-delà de la simple fourniture d’un rapport au format PDF, dont la seule finalité serait de répondre à une exigence réglementaire, puisque toute l’information collectée lors de la mission sera capitalisée.

Amiante et maquette numérique

On parle de diagnostic 4.0, par référence à la quatrième révolution industrielle et les notions d’inter-opérabilité et de travail en réseau. Car la maquette numérique est d’abord une opportunité de travailler différemment. Pour l’amiante, elle prend toute son importance et sa pertinence. D’abord, elle permet d’optimiser la compréhension du bâtiment et d’ap- porter de la cohérence dans la gestion des ZPSO (Zones présentant des simili- tudes d’ouvrages) et des prélèvements. Le BIM permet de définir une vraie stratégie de prélèvements et d’échan- ger en amont avec le donneur d’ordre. On va forcément y gagner en transparence, et éviter du même coup, les mauvaises surprises avec un nombre de prélèvements -et des coûts- qui dérape. La maquette offre cette interopérabilité demandée par la norme NF X 46-020 entre l’opérateur et le donneur d’ordre. Le BIM se révèle également précieux à la lecture de l’arrêté du 16 juillet 2019 qui réclame désormais une estimation des quantités de déchets amiante lors d’un repérage avant-travaux. Il facilite l’exercice et permet de gagner en précision.

Démocratisation et BIM Académie

On le voit, pour l’amiante, il existe une véritable plus-value de la maquette numérique, à la fois pour le donneur d’ordre, mais aussi pour les intervenants de chantiers en SS3/SS4. Imaginons qu’il soit nécessaire de changer les menuiseries dans un bâtiment, l’entreprise dispose de toutes les informations pour chiffrer, avec les différentes cotes, mais aussi l’éventuelle présence d’amiante dans les mastics ou de plomb dans les peintures.

Aujourd’hui, le BIM demeure cependant une affaire d’initiés. Tout le monde semble intéressé, mais l’offre apparaît encore trop technologique et beaucoup se sentent perdus se demandant par où commencer. Il est important de se dégager de cette approche trop technique du BIM couramment adoptée, et de repartir des besoins du client pour ensuite envisager des réponses à l’aide du BIM.

Un travail de démocratisation et d’accompagnement reste ainsi nécessaire. Au sein d’AC Environnement et de notre département BIM, nous avons par exemple investi dans un outil de visualisation, CN BIM, ou carnet numérique du bâti. Plus accessible qu’une maquette, ce carnet centralise toutes les données techniques et fournit une vision globale d’un patrimoine immobilier. Avec cet outil standard, un non-sachant peut donc collecter toutes les informations contenues dans la maquette.

Nous travaillons également sur une suite logicielle qui permettra demain au diagnostiqueur d’alimenter automatiquement la maquette numérique d’un bâtiment. Sur la partie DPE, nous sommes déjà quasi-automatisés. Enfin, pour accompagner cette évolution, nous avons aussi mis en place une BIM Académie avec un module en présentiel ou à distance destiné à la maîtrise d’ouvrage pour démystifier le BIM.

La maquette numérique n’est pas un objectif en soi, mais une nouvelle façon d’interagir avec les nombreux intervenants au sein d’un bâtiment ou d’un parc. Elle représente un investissement, mais elle est aussi un vecteur d’économie indiscutable. »

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