Silice cristalline : l’Anses conclut à “un risque sanitaire particulièrement élevé”

Silice cristalline : l’Anses conclut à “un risque sanitaire particulièrement élevé”
mai 22 11:18 2019 Imprimer cet article

L’Anses publie, ce mercredi, les résultats de son expertise relative à la silice cristalline. Près de 365 000 travailleurs seraient exposés par inhalation à la silice cristalline classée cancérogène, et entre 23 000 et 30 000 personnes à des niveaux excédant la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0,1 mg.m-3 ; plus de 60 000 si on considère la VLEP la plus basse (0,025 mg.m-3) proposée au niveau international.

Ce minéral présent partout à la surface du globe à l’état naturel, dans le sable, dans le granit ou la roche, figurerait parmi les cinq facteurs cancérogènes auxquels les travailleurs sont les plus exposés en France. L’Anses recense plus d’une cinquantaine de secteurs d’activité directement concernés, mais c’est bien le secteur de la construction qui apparaît le plus exposé, concentrant plus des deux tiers des cas d’expositions au-delà de la VLEP.

L’Anses tire la sonnette d’alarme. “Au vu du niveau de preuve sur les effets sanitaires associés à la silice cristalline et des niveaux d’exposition estimés, l’Agence conclut à l’existence d’un risque sanitaire particulièrement élevé pour la population professionnelle exposée à des niveaux supérieurs ou équivalents à la VLEP actuelle. L’Agence émet donc une série de recommandations afin d’accentuer la prévention des expositions, réviser la VLEP, faire évoluer la surveillance médicale, et engager la révision des tableaux des maladies professionnelles existants.”

Déjà classée cancérogène par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 1997, la silice cristalline reste considérée comme dangereuse en France. Une évolution est cependant attendue puisqu’une directive de l’Europe publiée fin 2017 introduit ce minéral naturel comme produit cancérogène. Cette directive, qui doit encore être transposée en droit français avant janvier 2020, doit ainsi contribuer à l’amélioration de la prévention. La partie du Code du travail concernant les CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) s’appliquera alors également à la silice cristalline.

Lire le rapport d’expertise de l’Anses

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