Parasites du bois, état des lieux des infestations

décembre 16 14:31 2020 Imprimer cet article

Mérule, termites ou insectes à larves xylophages, les chantiers réalisés par les entreprises certifiées CTBA+ offrent un précieux état des lieux des infestations, département par département. État des lieux avec la répartition de ces différents parasites.

Insectes à larves xylophages

Les insectes à larves xylophages font un peu figure de parents pauvres dans la lutte contre les parasites du bois. Aucune disposition réglementaire à leur encontre à ce jour, en dehors de la construction neuve. Et peu de données aussi sur leur infestation, reconnaissons-le. La carte publiée par le FCBA/CTBA+ en début d’année se révèle donc fort précieuse. Certains départements, notamment en Bretagne, voient plus de la moitié de leurs communes infestées. Logique, le fléau de la mérule omniprésent dans cette région, est rarement seul, le champignon apprécie la compagnie des insectes à larves xylophages.

Nathalie Bergeret, responsable du secteur durabilité, préservation et entretien des bois – unité certification, explique que « ces dernières années, au niveau des remontées des entreprises certifiées CTBA+, les chantiers de traitement d’insectes à larves xylophages, avaient tendance à baisser. Mais au cours des deux dernières années, nous observons à nouveau une croissance de ces chantiers liés à des aménagements de combles ou de rénovation de monuments historiques ». Ces chantiers d’aménagement de combles ne sont pas forcément des chantiers en curatif, il peut aussi s’agir de traitement préventifs pour les bois de charpente.

Termites

Plus de vingt ans après l’émergence d’une première réglementation anti-termites, ils sont toujours bien là. « D’après les chantiers réalisés par les entreprises certifiées CTBA+, on continue à voir une progression de l’infestation », commente Nathalie Bergeret. Exemple type, la Loire-Atlantique où, fin 2018, un nouvel arrêté préfectoral a considérablement élargi la zone d’infestation, passant de 41 à 135 communes concernées. En région parisienne aussi, le termite a gagné du terrain.

« En fait, où le termite est présent, il continue à se répandre », résume Nathalie Bergeret qui relève « un nombre de chantiers en légère augmentation » au cours des dernières années, avec une proportion de chantiers de pièges qui a désormais pris le dessus sur l’utilisation de biocide. « Malgré la parution du deuxième décret termites en 2007 (décret qui impose de protéger la structure de bâtiments à la construction en zone termites, ndlr) et la technique du piégeage qui fonctionne très bien, nous n’avons pas observé le recul attendu. En fait, la loi n’est pas toujours respectée et nous estimons que 50% des maisons ne sont toujours pas protégées par une barrière physico-chimique ou physique contre les termites. »

Mérule

Là aussi, les chantiers ont fortement augmenté au cours des dernières années. Mais si on cherche et si on traite davantage la mérule, c’est aussi parce qu’on en parle plus. « Avec les obligations liées à la loi Alur (en 2014, ndlr), la communication s’est améliorée sur le sujet. Ce qui favorise donc la prise en
compte de ce problème. » Autre phénomène clairement identifié pour expliquer cette hausse des chantiers, « les rénovations parfois très mal menées dans l’ancien ». « Dans des maisons anciennes ” respirantes ” lorsqu’un doublage est mis en œuvre sans ventilation, le champignon se régale. »

Contrairement à une idée reçue, le fléau ne se cantonne pas au quart nord-ouest, les spores du champignon sont présents partout et n’attendent que des conditions propices à leur développement. Nathalie Bergeret donne l’exemple de chantiers récemment menés en Gironde, une terre davantage habituée au termite qu’à la mérule, suite justement à des erreurs de rénovation.

Les limites des indicateurs

Les cartes du CTBA+ restent de précieux indicateurs, mais à considérer avec réserves. « L’Est semble en effet moins infecté, mais cela s’explique aussi par une présence moins importante des entreprises certifiées », prévient Nathalie Bergeret. Ce qui donne tout de même une bonne idée des infestations lorsqu’on sait, par exemple, que sur les termites, CTBA+ pèse 80% du marché. Pour se faire une idée, en 2019, les entreprises CTBA+ ont réalisé 16 000 chantiers à travers la France : 13% en fongicide, 36% en termites, 33% en insectes à larves xylophages, et 18% en protection de construction neuve.

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