Risque amiante: “Pour une formation SS4 enfin efficiente” (Luc Baillet)

avril 03 09:45 2019 Imprimer cet article

Architecte, Luc Baillet est secrétaire de l’association RésoA+,Réseau des acteurs civils ou professionnels du bâtiment de haute sécurité sanitaire environnementale. Depuis 20 ans, RésoA+ milite pour la remédiation de l’amiante en France.

RésoA+, « Réseau des acteurs civils ou professionnels du bâtiment de haute sécurité sanitaire environnementale », livre différentes recommandations pour refondre la formation sous-section 4. En partant d’un constat, l’actuel manque d’efficience de cette formation.

Combien de personnes formées ? Quelques dizaines de milliers ? On est bien obligé de se contenter d’une estimation (très) à la louche. Luc Baillet, secrétaire de RésoA+ le déplore. « Il n’existe aucun moyen de comptabiliser les personnes formées en SS4 puisque les organismes de formation n’ont pas obligation de renseigner sur les attestations compétence délivrées. » Dans tous les cas, on reste loin du compte. 800 000, 1 million, 2 millions de travailleurs ? Les estimations (elles-aussi à la louche) varient sur les besoins de formation. Luc Baillet s’est livré à son propre calcul. En veillant à n’oublier aucun corps de métier, en incluant des professions comme les services de secours ou le secteur de la maintenance, la formation SS4 concernerait environ 1,5 million de travailleurs.

Une formation « adaptée à chacun des métiers »

On est décidément très loin du compte. RésoA+ évoque un paradoxe alors que « le risque amiante est toujours présent dans près de 80% des chantiers, sur bâtiments anciens ». « Le dispositif réglementaire en place relatif aux interventions en SS4, n’a pas atteint les objectifs visés dans la décennie suivant la parution de l’arrêté re-fondateur datant de décembre 2009 ». « La grande majorité des employeurs du bâtiment ne sont pas formés au risque amiante et n’ont pas établi de modes opératoires en cas d’intervention de leur personnel sur l’amiante, ni de protocole d’alerte en cas de découverte d’amiante en cours d’intervention » évoque encore le communiqué publié mi-février.

Un an que RésoA+ plaide auprès des institutionnels, Carsat, Direccte et Médecine du travail pour une formation sous-section 4, « adaptée à chacun des métiers ». « Une formation efficiente et pragmatique », réclame Luc Baillet. L’architecte lillois distingue « 60% de tronc commun sur le risque amiante et 40% spécifique métier, adapté, avec des exemples concrets et pragmatiques et une segmentation des contenus de formation utiles et réellement adaptés aux besoins des entreprises et aux niveaux de risques auxquels elles sont réellement confrontées. »

« Pourquoi apprendre à une personne à entrer dans un confinement alors qu’en SS4, il existe très peu de situations au-dessus du niveau 1 ? L’utilisation de confinements et la gestion aéraulique des chantiers n’intéressent qu’une infime minorité des entreprises de sous-section 4, car elles nécessitent des compétences identiques à celles apportées dans les formations de sous-section 3. D’ailleurs, la quasi-totalité des entreprises de second œuvre ayant suivi une formation de sous-section 4 ne sont même pas équipées pour confiner et mettre en dépression des zones de travaux. »

Avec ou sans confinement ?

En pratique, pour gagner en efficience, RésoA+ propose d’adapter les contenus de formation. Explications : « Nous préconisons une formation à deux degrés, sans confinement et avec confinement. Pour les formations préalables, d’une durée maximale de deux jours pour les opérateurs et de cinq jours pour l’encadrement, l’attestation de compétence remise à l’issue de la formation autoriserait par exemple les opérateurs de chantier à mettre en œuvre des processus SS4 ne nécessitant pas de confinement. » Et pour les opérateurs/encadrants amenés à travailler dans les confinements, moins de 10% des cas, RésoA+ propose de porter au minimum les durées de formation à quatre jours pour les opérateurs, huit pour les encadrants « car elle nécessite des compétences similaires à celles apportées dans les formations de sous-section 3 ».

Pour Luc Baillet, ces évolutions à la formation SS4 peuvent s’effectuer à « réglementation constante » puisque l’arrêté du 23 février 2012 parle de « durées minimales » de formation n’empêchant en rien les organismes d’aller au-delà. De même, la réglementation ne précise pas les limites du contenu minimal de la « formation à adapter » en fonction des activités des intervenants.

Consulter l’intégralité de la reccomandation adressée par RésoA+ à ses membres pour une formation SS4 adaptée à chacun des métiers.

Réso A+ organise son assemblée générale ce vendredi 5 avril, au Conseil national de l’ordre des architectes. Une partie est ouverte au public. Voir le programme complet de cette journée.

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