Olivier Perez, directeur général du groupe ITGA : le diagnostiqueur « pierre angulaire entre l’usager et le monde du bâtiment »

Olivier Perez, directeur général du groupe ITGA : le diagnostiqueur « pierre angulaire entre l’usager et le monde du bâtiment »
novembre 08 14:00 2021 Imprimer cet article

La profession prend un nouveau virage. Cette nouvelle décennie promet des changements. Au tour d’Olivier Pérez, directeur général d’ITGA, de nous livrer son regard prospectif sur le diagnostic immobilier, un monde qu’il observe de sa fenêtre en tant que prestataire de la filière.

«  Le point majeur, même si on en parle depuis des années, tourne autour de la partie énergétique et donc de l’environnement. Le parallèle possible avec le monde de l’automobile est flagrant. Quand on nous disait qu’un jour les voitures ne fonctionneraient plus au gasoil ni à l’essence, cela paraissait relever de la science-fiction. Et à la fois, on en a tellement parlé que l’on finit par être dans le déni des avancées.

On oublie souvent le chemin parcouru par la société elle-même. Ces dix dernières années, le rapport de la population au logement a changé. Peu à peu, cela s’accélère et entraîne le monde du diag dans cette dynamique. Le DPE, l’étiquette énergétique, tout le monde en entend parler et s’en préoccupe. Il y a une sensibilisation de la population sur toute la partie qualitative du logement qui va booster cette typologie de prestation autour de l’énergie.

Au-delà de ces tendances fortes, on parle rarement du neuf qui a beaucoup changé. Culturellement, le neuf a pris beaucoup de place ces dernières années et la population s’habitue aux nouveautés qui y sont affiliées. Plus le standard du neuf change, plus ça va influencer ce qu’il se passe sur l’existant et l’alimenter.

Miser sur une activité hybride au service de l’énergie

Simultanément, la digitalisation entre évidemment en jeu : les missions vont se transformer grâce au numérique. Les problématiques liées à la thermique prennent de l’ampleur et les diagnostiqueurs de demain seront spécialistes tant sur la partie énergie que sur le numérique. Les prestations classiques seront facilitées par le numérique et de l’autre côté, le numérique permettra de faire des prestations à part entière, le tout poussé par les mots magiques : BIM, modélisation 3D, carte d’identité numérique. Le mot hybride sera la règle partout dans le monde des entreprises, les diagnostiqueurs ne seront pas en reste en incluant le numérique dans leurs prestations initiales.

Jusqu’à présent, si on caricature, le diag délivre majoritairement des prestations ponctuelles sur l’avant/après-vente ou en avant travaux. Or, il devrait être plus connecté à la vie du bâtiment elle-même, en être la clef d’entrée. Les diagnostiqueurs sont porteurs de multiples compétences qui ne sont pas assez exploitées.

Cette profession est en train de devenir et/ou pourrait devenir le fil conducteur qui ferait disparaître tous les silos présents dans le secteur, en faisant du lien. Le diagnostiqueur doit être la pierre angulaire entre l’usager et le monde du bâtiment et ce, tout au long de la vie du bâtiment avec des prestations à valeur ajoutée au service de l’occupant, du propriétaire et des professionnels.

Agile et réactive

Même si cette profession est récente, elle est montée très fortement en compétence et les tailles d’entreprises continuent de se consolider tout en se professionnalisant. C’est une des professions qui est la plus agile, réactive, avec une réelle capacité d’adaptation, car elle a vécu beaucoup de changements sur un temps court.

Vient alors la question des ressources humaines. En effet, nous allons faire face à une pénurie ou au moins à une difficulté de recrutement. Cependant, l’ensemble des facteurs cités précédemment va permettre à la fois de rendre plus attractif le monde du bâtiment et sera une source de création de métiers de compétences. Un problème crée une opportunité, il y aura besoin de plus de main d’œuvre et de compétences et le positionnement du monde du diag sera source de création de valeur.

Pour résumer, il y a de la compétence, de la productivité, du savoir et une demande qui monte en gamme. L’ensemble accompagné par le numérique et une population sachante, l’équation parfaite pour ouvrir de nouveaux horizons aux professionnels du diagnostic. »

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