Les EPI amiante sont devenus une denrée rare

Les EPI amiante sont devenus une denrée rare
avril 14 14:14 2020 Imprimer cet article

Reprendre l’activité, oui pourquoi pas puisqu’il existe désormais des protocoles. Mais à condition de disposer encore des indispensables équipements de protection individuelle, ce qui est loin, très loin d’être évident. En théorie, les stocks ont été réquisitionnés au début de la crise, et plusieurs fournisseurs contactés parmi les principaux des filières du diagnostic et de l’amiante nous disent la difficulté à s’approvisionner en EPI. Une pénurie qui risque de contraindre la filière au moment de la reprise.

Des masques FFP3? La question fait sourire Jean-Michel Catherin, le dirigeant de Testoon, un des principaux fournisseurs des diagnostiqueurs immobiliers. “Réquisitionné, pillé, dévalisé.” Voilà quelques semaines qu’il ne lui reste plus rien. Ni masque, mais aussi ni sur-bottes, ni combinaisons, ni gants nitriles, ni lingettes… Priorité aux soignants. “Les fabricants français avec lesquels nous travaillons pour des masques FFP3 ont réorienté toute leur production vers du FFP2. Au départ sur les commandes passées en février, on m’indiquait une date en juin. Aujourd’hui, mon fournisseur n’est même plus en mesure de nous donner une date de livraison.

Rupture

Du côté, des fournisseurs de la filière amiante, on est à peine mieux loti. Chez Extramiante-Sebemex, plus de masque FFP3 “depuis longtemps”. Reste des combinaisons, des sur-bottes et des gants, mais qui proviennent du stock semble-t-il. Même topo chez Epicap. Christophe Gohier, le responsable, dispose encore d’un peu de stock sur certains produits comme les combinaisons par exemple. Mais la difficulté est bien de se réapprovisionner. Même en se tournant vers d’autres pays que la Chine, le dirigeant d’Epicap évoque beaucoup d’incertitudes. “Pour les combinaisons par exemple, je suis incapable de dire quand je serai réapprovisionné, ou si j’obtiendrai les quantités demandées.” Autre inconnue, les prix qui flambent parfois. “Sur le marché chinois, nous avons des prix de fous. Des masques FFP3 qui se vendaient à 60 centimes pièce avant la crise partent maintenant à plus de 4 euros!”A ce prix là, le dirigeant nordiste préfère laisser tomber.

Si le secteur du repérage et de l’amiante reste en grande partie à l’arrêt, cette pénurie risque pourtant de poser problème le jour où l’activité repartira. Peur de manquer demain, le ressort est puissant, certaines entreprises cherchent à rafler tous les stocks disponibles. A l’instar du grand public qui se jette sur le papier toilette, la farine ou les pâtes. Un comportement observé par Christophe Gohier (Epicap) : “J’essaye de limiter mes ventes pour ne pas satisfaire uniquement quelques gros clients”. Et c’est valable aussi pour des produits, où la rupture de stock n’est -a priori- pas à craindre. Exemple des filtres P3 indispensables aux APR (appareil de protection respiratoire). “J’ai reçu une livraison mi-mars, raconte Jean-Michel Catherin (Testoon), mais j’ai été dévalisé:  en une journée, j’ai vendu ce que je vends habituellement en un mois.”

 

 

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