Le DPE, aussi un indicateur des inégalités socioprofessionnelles

Le DPE, aussi un indicateur des inégalités socioprofessionnelles
juin 10 10:32 2021 Imprimer cet article

C’est un rôle qu’on ne lui connaissait pas encore jusqu’à présent. Dans leur note de conjoncture diffusée en avril, les Notaires de France remarquent que la fameuse étiquette énergétique est aussi devenue « révélatrice d’inégalités entre les catégories socioprofessionnelles ». Autrement dit, si l’on veut caricaturer, les meilleures étiquettes pour les classes aisées, les passoires énergétiques davantage pour les classes les moins aisées.

Les Notaires de France avaient déjà souligné le rôle du DPE dans la valeur verte. Aujourd’hui, ils y voient également un indicateur socioprofesionnel. « Dès lors que la valeur verte influe sur une surcote ou une décote du prix au regard de la qualité de l’étiquette, certaines CSP sont statistiquement relativement plus nombreuses dans certaines catégories d’achat. Il n’est donc pas surprenant que l’étiquette Énergie soit ainsi révélatrice d’une question de ressources au regard de la rénovation énergétique des logements. »

Prenons par exemple les logements les plus vertueux, classés A, B ou C. Les cadres supérieurs apparaissent ainsi «statistiquement sur-représentés, entre 23% et 25%, alors qu’ils ne rassemblent que 20% des achats toutes étiquettes confondues », remarque la note de conjoncture. « C’est également le cas des acquéreurs ” retraités “, jusqu’à 18 % parmi les achats des logements les plus économes, alors qu’ils représentent 14 % des achats toutes étiquettes confondues.» À l’inverse, les acquéreurs « ouvriers » sont sous-représentés parmi les achats aux meilleures étiquettes, entre 7 et 9%, alors qu’ils représentent 14% des achats toutes étiquettes confondues. Idem pour les employés, qui représentent 14 % des achats de logements les plus économes alors qu’ils regroupent jusqu’à 17 % des achats toutes étiquettes confondues.

A contrario, ces catégories socioprofessionnelles sont statistiquement surreprésentées parmi les achats de logements les plus énergivores, notamment pour les acquéreurs « ouvriers », qui représentent 15 % des achats de logements de classes d’étiquettes F-G contre 11 % toutes étiquettes confondues.

Les Notaires se réjouissent donc de la réforme du DPE et de l’harmonisation des méthodes offrant «une évaluation plus lisible et représentative de la performance du bâtiment en se recentrant sur la seule appréciation de ses caractéristiques physiques, au-delà du mode de vie et les habitudes de consommation des habitants qui altérait la performance énergétique réelle du logement ».

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2 Commentaires

  1. Christian
    juin 10, 21:17 #1 Christian

    Conclusion peut-être un peu hâtive: à isolation égale, un bien plus grand sera toujours mieux classé. Les CSP+ ont juste les moyens de s’acheter des biens plus grands que les autres catégories d’où un DPE meilleur

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  2. Zorro
    juin 25, 12:53 #2 Zorro

    Avis des Notaires erroné ; “la performance du bâtiment en se recentrant sur la seule appréciation de ses caractéristiques physiques…”. C’est faux! Le DPE dépend d’abord de la situation géographique. Une MÊME maison classée C (énergie) et D (GES) dans les Yvelines sera classée A (énergie) et B (GES) dans les Alpes maritimes. Et le nouveau DPE accroit les différences de valorisation des biens correspondants.

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