La poussière de silice cristalline désormais classée comme cancérogène

La poussière de silice cristalline désormais classée comme cancérogène
novembre 03 09:11 2020 Imprimer cet article

Bien que les poussières de silice soient classées cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 1997, la réglementation française continuait à les considérer uniquement comme un agent chimique dangereux. À compter du 1er janvier 2021, la silice cristalline respirable devient aussi une substance cancérogène.

Pas de surprise, puisque la directive européenne du 12 décembre 2017 imposait aux États membres de transposer cette évolution dans leur droit national. C’est chose faite avec l’arrêté publié ce 1er novembre. En d’autres termes, la réglementation CMR (cancérogène, mutagène et reprotoxique) du Code du travail devra à l’avenir aussi s’appliquer pour la silice. Pas de substitution envisagée pour ce minéral que l’on trouve partout à la surface du globe à l’état naturel, dans le sable, dans le granit ou la roche, mais l’évaluation des risques (si cela n’est déjà le cas) devra en tenir compte et les moyens de prévention devront être adaptés. Humidification, aspiration à la source, abattage des poussières… les moyens de prévention sont bien connus, puisqu’ils ne diffèrent pas de ceux utilisés pour prévenir du risque amiante.

Premier secteur concerné, le BTP. Et de loin. Car si une cinquantaine de secteurs d’activité sont concernés selon une étude de l’Anses, le BTP concentre plus de deux tiers des expositions supérieures à la VLEP de 0,1 mg.m-3 sur huit heures de travail. En 2019, l’Agence de sécurité sanitaire alertait alors d’un “risque sanitaire particulièrement élevé”, classant la silice cristalline parmi les cinq facteurs cancérogènes auxquels les travailleurs sont les plus exposés en France. Au total, l’Anses estimait qu’environ 365 000 travailleurs étaient exposés par inhalation à la silice cristalline. Entre 23 000 et 30 000 personnes seraient même exposées à des niveaux excédant la VLEP actuellement en vigueur ; plus de 60 000 si on considère la VLEP la plus basse (0,025 mg.m-3) proposée au niveau international.

À noter que parmi les autres substances désormais classées cancérigènes, on trouve également le formaldéhyde, polluant aujourd’hui recherché dans les mesures de qualité de l’air intérieur, ainsi que les hydrocarbures polycycliques aromatiques notamment présents dans le goudron.

Arrêté du 26 octobre 2020 fixant la liste des substances, mélanges et procédés cancérogènes au sens du code du travail

ecrire un commentaire

0 Commentaire

Pas de commentaire !

Vous pouvez commencer la discussion.

Ajouter un Commentaire