Étiquette DPE: le choix de l’énergie primaire ne satisfait pas tout le monde

mars 10 16:10 2021 Imprimer cet article

La nouvelle étiquette DPE ne plait pas à tout le monde. Alors que le DPE 2021 n’est même pas encore en vigueur, des parlementaires proposent déjà quelques substantielles évolutions. Dans son rapport publié en février, la mission d’information de l’Assemblée nationale, dédiée à la rénovation thermique des bâtiments, plaide en faveur d’un DPE exprimé en énergie finale et allégé des fameux coefficients de conversion.

Dans sa version 2021, l’étiquette du DPE sera exprimée en énergie primaire avec une dose d’émissions de gaz à effet de serre. On pensait le débat (enfin) tranché, mais pour la mission d’information dédiée à la rénovation thermique, ce choix est loin, très loin, d’être judicieux. À plusieurs reprises dans cet épais rapport de plus de 170 pages publié en février, les auteurs plaident en faveur d’une “mesure en énergie finale pour le DPE afin de le stabiliser dans le temps”. Ce qui reviendrait à supprimer ce fameux coefficient de conversion, “objet de nombreux débats puisqu’il tend à pénaliser ou à avantager une forme d’énergie en fonction du coefficient fixé”.

Délicate cohabitation

Les auteurs du rapport jugent en effet trop compliquée cette distinction entre énergie primaire et finale. Incompréhensible même du grand public. “Deux logements identiques (…), qui ne différeraient que par la nature de l’énergie utilisée (gaz vs. électricité), peuvent se retrouver dans une classe énergétique différente alors même que le consommateur acquitte une facture identique. De la même manière, la facture peut varier de 1 à 3 pour des logements d’une même étiquette selon le type de chauffage. ”

Et pour ajouter encore à la confusion, le rapport rappelle que le nouveau seuil de décence énergétique, prévu pour 2023, est exprimé en énergie finale. Le DPE en énergie finale devient donc une question de “cohérence”.

Autre critique à l’égard de la nouvelle étiquette, la prise en compte des émissions de gaz à effet de serre. ” Cette réforme du DPE restreint les enjeux de réduction des émissions du bâtiment à un simple choix entre vecteurs carbonés et décarbonés, faisant courir le risque de laisser au second plan la maîtrise des consommations “, écrit le rapport. “Le DPE doit en effet mesurer la performance énergétique de l’enveloppe, indépendamment de l’énergie utilisée. Il s’agit du seul moyen de le stabiliser dans le temps. En outre, il convient de réfléchir à un outil de mesure des émissions de carbone qui soit distinct mais complémentaire du DPE. La mission parlementaire propose ainsi un DPE qui mesurerait la performance énergétique de l’enveloppe, indépendamment de l’énergie utilisée.”

Rapport d’information n°3871 de la mission d’information sur la rénovation thermique des bâtiments, enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 10 février 2021.

 

 

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