Annulation du dispositif de certification: les grands patrons du diagnostic ont fait leur choix

Annulation du dispositif de certification: les grands patrons du diagnostic ont fait leur choix
août 07 15:47 2019 Imprimer cet article

C’était un coup de massue d’annuler le dispositif de certification de 2016 et sa mention moins d’une semaine après l’avoir rendue obligatoire pour les repérages avant-travaux. Continuer dans ce sens ou revenir en arrière ? Le dilemme n’a pas torturé longtemps les grands patrons de réseaux. La plupart ont choisi de poursuivre la montée en compétences initiée.

Yannick Ainouche, PDG d’Ex’im :

« L’entrée en vigueur de l’arrêté du 16 juillet 2019 était une très bonne chose. Il permettait de valoriser la filière en insufflant une montée en compétences pour les opérateurs, une sécurisation des chantiers pour les donneurs d’ordre et moins de risques pour les travailleurs. Chez Ex’im, nous l’avions anticipé en dispensant des formations internes sur la gestion de la quantification des matériaux. Seulement, est arrivée la décision du Conseil d’État, qui a perturbé toute la filière.

La mention devient caduque donc les techniciens formés ne savent même pas s’ils ont la mention ou non. Il y a un gros problème de lecture. La majorité des techniciens Ex’im intervenant sur les repérages avant-travaux possèdent la mention et nous avons décidé de continuer à travailler dans le sens de l’arrêté avant-travaux. Notre réseau nous a interrogés sur ce qu’il fallait à présent faire et nous avons répondu : « On continue ! ». Entre temps, nous avons contacté les ministères du Logement, du Travail et de la Santé, et nous attendons des réponses. En attendant, la vraie problématique pour nous, est la relation avec le donneur d’ordre, à qui il faut expliquer pourquoi il y a eu cette évolution. Nous mettons en avant notre travail, la qualité des rapports, etc. Mais la relation reste déstabilisée pour le moment. Autre point à soulever, celle de la RC Pro. Les diagnostiqueurs sont-ils encore couverts depuis que la mention n’existe plus ? »

Edouard Carvallo, PDG d’ADX Groupe :

« La mention permettait de professionnaliser le métier. C’était une bonne chose dans le sens où un diagnostic amiante avant-vente ne demande pas les mêmes compétences qu’un repérage avant-travaux. Le niveau de technicité n’a rien à voir. C’est pour cela que chez ADX Groupe, en interne nous proposions quatre niveaux de formation. Le dernier cercle, celui pour l’avant-travaux ou l’avant-démolition, nous permettait d’évaluer le niveau des opérateurs avant de les envoyer passer la mention. Plus des deux tiers de nos opérateurs ont la mention alors que l’activité de l’avant-travaux représente un peu moins de la moitié de notre activité. Du côté des donneurs d’ordre, la communication n’était pas claire et cela s’intensifie encore plus maintenant.

Je sais que certains bailleurs sociaux ont obtenu des éclaircissements en interne, mais d’autres sont ravis de ce désordre. Nous avons toujours joué le jeu en favorisant cette compétence et en ne faisant pas appel à des techniciens uniquement SS4 et nous allons poursuivre en ce sens. Il s’agit de valoriser le métier. La suppression de la mention est donc déplorable. C’est dommage car la DGT était claire sur ses ambitions avec une montée en compétences de la profession. Si la mention est bel est bien annulée, il faudrait selon moi, séparer les deux métiers, celui de la vente et de l’avant-travaux. Aujourd’hui, j’attends la remise en place de la mention et des discours précis et nets. »

Denis Mora, PDG d’AC Environnement :

« Aujourd’hui, nous n’avons pas changé notre feuille de route. Même si durant cette période d’incertitudes, je pense qu’il faut rester vigilant. La meilleure solution est de faire son travail convenablement et de surtout, éviter la sinistralité. Ce dernier point, ne nous inquiète pas chez AC Environnement car 85% de nos repérages avant-travaux concernent de petites interventions, comme la faïence dans une salle de bain par exemple. En revanche, quand il s’agit de réhabilitation tertiaire et industrielle, nous faisons intervenir un technicien avec mention et nous avons environ 80 opérateurs qui la possèdent donc il n’y a aucune inquiétude à avoir quant à nos plannings.

Nous constatons depuis 2002 que le législateur essaie d’avancer tant bien que mal. Pour moi, il ne s’agit que d’un « couac » et les pouvoirs publics seront suffisamment sages pour régler la situation en septembre. C’est pour cette raison que nous faisons comme si l’annulation de la mention n’existait pas. D’autant plus que les donneurs d’ordre consomment depuis 2011 des repérages avant-travaux alors qu’ils n’étaient pas obligatoires. Mi-septembre, nous allons commencer une campagne de communication auprès de nos clients pour leur signifier les changements suite à la publication de l’arrêté avant-travaux, sur la quantification notamment, mais c’est tout. On préfère attendre la rentrée. Les choses peuvent encore changer rapidement car la situation actuelle est ubuesque. »

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