Toujours attentive, mais toujours oubliée par les pouvoirs publics, la CNEI suit de près les frémissements de ce qui est inéluctable : la "recertification". Après le barbarisme de "diagnostiqueur" dont nous sommes affublés, demain nous serons des "diagnostiqueurs recertifiés". A la troisième cartouche, ceux qui seront encore en vie seront donc re-recertifiés, soit quinze ans d’activité. Autant dire que nous constituons désormais la vache à lait de l’immobilier qui passera à la trappe tous les cinq ans. Le parcours du diagnostiqueur n’est pas un long fleuve tranquille.
Entre temps, nous subirons l’évolution des textes. Là nous atteignons le summum de l’incompréhensible. Déjà que le client n’avait pas encore compris les premiers rapports, que le notaire en charge d’une vente acte des documents techniques avec des dates de validité différentes. Nous allons nous retrouver avec des documents qui ne seront plus valides car faisant partie des anciens textes mariés à des nouveaux textes. Si les diagnostiqueurs suivent ,il n’est pas du tout certain que les agents immobiliers et notaires comprennent un métier qui n’est pas le leur. Là dessus, les médias rajouterons à l’heure du journal de 13h ou 20h une louche pour bien enfoncer la profession est dire que les DPE ne sont pas fiables, que les diagnostics sont incomplets et j’en passe.
Une fois pour toute, expliquons de façon synthétique le comment et le pourquoi du DPE. Le "à quoi ça sert le Crep". Le but du diagnostic amiante (entre friable, non friable, obligation de retrait, pas d’obligation de retrait), du diagnostic "Elec" » (pas d’obligation de travaux et heureusement car les contestations seraient plus nombreuses). Le diagnostic gaz semble fidèle à lui-même sur le temps. L’ERNT n’est pas toujours compris, mais comme il est gratuit par internet, la question ne fâche plus personne depuis que le mot "gratuit" est prononcé.
Pour les termites, c’était déjà complexe. L’incompréhension est venue de nous en ce qui concerne la mérule qui constitue un vice caché en cas de découverte. Le législateur a voulu faire simple en scindant les insectes xylophages en deux familles. Ceux qui ont fait partie des commissions auraient dû être simples dans la rédaction des textes.
Nous avions déjà des procédures sur tous ces thèmes, nous allons multiplier les procédures. N’oubliez pas que vous devez payer vos formations, vos assurances, vos charges, vos matériels et maintenant vos certifications. Si demain votre certificateur vous fait passer à la trappe, vous aurez perdu votre métier. Alors au même titre que vous avez baissé vos honoraires pour prendre des parts de marché à vos concurrents, faites baisser les recertifications qui semblent exorbitantes face à ce "gros marché juteux" qu’est le diagnostiqueur.
