Tous les professionnels s’accordent à dire que le DPE et l’audit énergétique sont deux choses bien distinctes, alors que la définition est la même. En fait, c’est la finalité qui sépare ces deux concepts. Le DPE est toujours vécu comme une contrainte par le client vendeur ou bailleur, peu intéressé voire hostile aux recommandations.
Ce peu d’intérêt et la pression concurrentielle ont incité les professionnels à proposer des DPE à moindre coût et réduire leurs recommandations au strict minimum. Au contraire, l’audit énergétique est réclamé par un client qui souhaite des propositions concrètes, comparatives et chiffrées, pour ensuite effectuer les travaux recommandés et voir sa facture énergétique diminuer. La performance énergétique doit ici s’apprécier en fonction des conditions réelles d’occupation du bien, et des tarifs énergétiques disponibles sur le marché. Non pas, suivant des conditions standards, comme dans le DPE. Formation et certification procurent un niveau de compétence insuffisant pour effectuer ce type d’étude.
En effet, à l’inverse du DPE, les recommandations seront dans la plupart des cas suivies de travaux et leur rentabilité passée au crible par le client : il ne manquera pas d’attaquer le professionnel si elles ne sont pas réalisables, ou si le retour sur investissement n’est pas concluant.
Toutefois, certains diagnostiqueurs ont acquis, par la pratique et l’intérêt qu’ils portent à ce domaine, une compétence tout à fait suffisante, qui peut être consolidée par une formation complémentaire. Il n’y a alors aucune raison qu’il n’investissent pas ce nouveau marché. Effectuer un audit énergétique ne consiste pas à faire du presse-bouton sur un logiciel, aussi perfectionné soit-il.
De nombreux litiges interviendront rapidement en cas de recommandations erronées. De même, dans certains cas, les assureurs pourraient considérer qu’il s’agit d’une mission relevant de bureaux d’études. Les derniers textes relatifs à l’éco-PTZ modifient encore la donne. En effet, l’accès à ce prêt nécessite la réalisation d’un bouquet de travaux, soit sans qu’il y ait nécessité d’étude, soit en effectuant un examen thermique basé sur les calculs de la RT 2005, donc différent du DPE.
La voie est étroite pour les diagnostiqueurs entre ce type d’étude qui requiert un investissement et une compétence approfondie pour un marché incertain, et un audit énergétique qui n’aura aucun caractère obligatoire.
